<!--

-----BEGIN PGP SIGNED MESSAGE-----

- -->

<!DOCTYPE article PUBLIC "-//Presses de l'Universite de Montreal//DTD PUM v. 1.0//EN" [

<!ENTITY % ISOnum PUBLIC "ISO 8879:1986//ENTITIES Numeric and Special Graphic//EN">
<!ENTITY % ISOpub PUBLIC "ISO 8879:1986//ENTITIES Publishing//EN">
<!ENTITY % ISOtech PUBLIC "ISO 8879:1986//ENTITIES General Technical//EN">
<!ENTITY % ISOdia PUBLIC "ISO 8879:1986//ENTITIES Diacritical Marks//EN">
<!ENTITY % ISOlat1 PUBLIC "ISO 8879:1986//ENTITIES Added Latin 1//EN">
<!ENTITY % ISOlat2 PUBLIC "ISO 8879:1986//ENTITIES Added Latin 2//EN">
<!ENTITY % ISOamso PUBLIC "ISO 8879:1986//ENTITIES Added Math Symbols: Ordinary//EN">
<!ENTITY % ISOgrk1 PUBLIC "ISO 8879:1986//ENTITIES Greek Letters//EN">
<!ENTITY % ISOgrk3 PUBLIC "ISO 8879:1986//ENTITIES Greek Symbols//EN">
%ISOnum;
%ISOpub;
%ISOtech;
%ISOdia;
%ISOlat1;
%ISOlat2;
%ISOamso;
%ISOgrk1;
%ISOgrk3;

<!ENTITY surfaces SYSTEM "../../slogo.jpeg" NDATA JPEG -- Logo Surfaces -->
]>


<article>

<front>

<figgrp>
<title>Logo</title>
<fig name="surfaces">
</figgrp>

<titlegrp>
<title>Pr&eacute;face</title>
<subtitle><emph type="2">In Im-Memoriam</emph>, Bill Readings</subtitle>
</titlegrp>

<authgrp>
<author>
<fname>Jean-Fran&ccedil;ois</fname>
<surname>Vall&eacute;e</surname>
<aff>
<orgname>Universit&eacute; de
Montr&eacute;al</orgname>
</aff>
</author>
</authgrp>


<pubfront>

<artid><emph type="3">Surfaces</emph> Vol. VI. 201a (V.1.0F - 15/11/1996)</artid>

<cpyrt>
<cpyrtnme>
<orgname>Tout texte reste la propri&eacute;t&eacute; de son auteur. N&eacute;anmoins, <emph type="3">Surfaces</emph> demande d'&ecirc;tre cit&eacute;e &agrave; l'occasion de toute autre publication du texte en question.</orgname>
</cpyrtnme>
</cpyrt>

<issn>1188-2492</issn>

</pubfront>

</front>


<body>

<section>
<title>Une pr&eacute;face en forme d'appel</title>

<p><emph type="2">THIS is what you need to do</emph>..., commen&ccedil;ait Bill
Readings lorsqu'il d&eacute;cidait de prendre votre destin en
main. Ce qui lui arrivait assez fr&eacute;quemment. Du moins,
d&egrave;s qu'il sentait un doute, une angoisse, ou du
d&eacute;couragement chez son interlocuteur ou son
interlocutrice. Un &ldquo;interventionnisme&rdquo; aussi g&eacute;n&eacute;reux
&mdash; et aussi assur&eacute; &mdash; ne constitue certainement pas la
norme chez les gens press&eacute;s que l'on trouve
aujourd'hui dans nos &ldquo;excellentes&rdquo; institutions
acad&eacute;miques. Ce souci est devenu encore plus rare.
L'absence de Bill se fait cruellement sentir, ici &agrave; la
revue <emph type="2">Surfaces</emph>, au D&eacute;partement de litt&eacute;rature
compar&eacute;e, &agrave; Montr&eacute;al, mais, aussi, sans aucun
doute, dans la vie de nombre de ses amis et
coll&egrave;gues un peu partout &agrave; travers le monde.</p>

<p>Dieu sait, par exemple, que j'aurais eu besoin de ses
conseils &mdash; et de ses talents de lecteur et de rh&eacute;teur
&mdash; au moment de r&eacute;diger cette pr&eacute;face. C'est pourquoi
il m'importe d'abord de saluer le courage des dix-sept
auteurs qui ont r&eacute;pondu &agrave; notre premier appel
d'articles. Non seulement devaient-ils travailler
&ldquo;seuls&rdquo;, surmonter l'absence douloureuse du coll&egrave;gue,
de l'ami, mais ils devaient aussi &eacute;crire moins d'un an
apr&egrave;s le choc, alors que la blessure &eacute;tait toujours
vive. &Eacute;crire un texte d&eacute;di&eacute; &agrave; Bill impliquait, dans
un premier temps, d'admettre l'inadmissible&nbsp;: qu'il
nous avait bel et bien quitt&eacute; &mdash; beaucoup trop t&ocirc;t,
beaucoup trop brutalement &mdash; en ce 31 octobre 1994.
Une date qui, pour beaucoup d'entre nous, marque un
&eacute;v&eacute;nement inassimilable, une c&eacute;sure dans
l'espace-temps de nos vies.</p>

<p>On ne peut s'emp&ecirc;cher de songer &agrave;
l'&ldquo;&eacute;v&eacute;nementialit&eacute; de l'&eacute;v&eacute;nement&rdquo; telle que la
d&eacute;finissait Bill lui-m&ecirc;me &agrave; la suite de Lyotard&nbsp;:
"the fact or case that something happens, after which
nothing will be the same again."<noteref rid="note1">1</noteref>
<note id="note1"><no>1</no><p> Bill Readings, Introducing Lyotard. Art and Politics, Routledge, 1991, p. xxxi.</p></note>

   Mais  il  reste 
que,         
<pages>/pp.&nbsp;4-5/</pages>

comme le notait Andrew Benjamin lors d'une
c&eacute;r&eacute;monie tenue &agrave; Balliol College,<noteref rid="note2">2</noteref>
<note id="note2"><no>2</no><p>  Cette c&eacute;r&eacute;monie a eu lieu au mois de novembre 1994 au Balliol College de l'universit&eacute; d'Oxford.</p></note>

 on ne doit pas
penser un tel &eacute;v&eacute;nement sur le mode du
&ldquo;m&eacute;morial&rdquo;, ou encore de la monumentalisation.
Pour &ecirc;tre vraiment fid&egrave;le &agrave; la m&eacute;moire de notre
ami et coll&egrave;gue, la notion lyotardienne d'<emph type="2">imm&eacute;morial</emph>
para&icirc;t plus appropri&eacute;e. Bill d&eacute;finissait ainsi cette
notion dans <emph type="2">Introducing Lyotard</emph>&nbsp;: "<emph type="2">That which
can neither be remembered (represented to
consciousness) nor forgotten (consigned to oblivion). It
is that which returns, uncannily</emph>."<noteref rid="note3">3</noteref>
<note id="note3"><no>3</no><p> Introducing Lyotard, op. cit.,  p.xxxii.</p></note>

 Ainsi, si nous avons
une t&acirc;che suite &agrave; l'&eacute;v&eacute;nement que constitue le
d&eacute;c&egrave;s de Bill Readings, c'est d'assurer ce processus
d'"imm&eacute;morialisation", de favoriser l'oscillation entre le
refus de l'oubli et le refus du simple souvenir
&ldquo;repr&eacute;sentatif&rdquo;, non probl&eacute;matique&nbsp;: "<emph type="2">The task
of not forgetting, of anamnesis, (...) which struggles to
keep events from sinking into the oblivion of either
representation (voice) or silence</emph>."<noteref rid="note4">4</noteref>
<note id="note4"><no>4</no><p> Ibid.</p></note>

&nbsp;</p>

<p>Ce num&eacute;ro sp&eacute;cial de la revue <emph type="2">Surfaces</emph> veut s'ins&eacute;rer
dans cet espace paradoxal, entre la voix et le silence,
entre l'oubli et la m&eacute;moire, dans un processus
d'anamn&egrave;se qui ne pr&eacute;tend certainement pas
&ldquo;repr&eacute;senter&rdquo; la pens&eacute;e, l'oeuvre, et encore moins
la personne, de Bill Readings, mais qui incite aussi &agrave;
ne pas sombrer dans le silence. Il importait de refuser
d'accepter cet &eacute;v&eacute;nement comme faisant partie d'un
pass&eacute; r&eacute;volu, de l'ordre des choses, ce qui
reviendrait &agrave; en faire un non-&eacute;v&eacute;nement.</p>

<p>Plus encore, il importait de ne pas perdre &mdash; et parfois
de reprendre &mdash; le fil des nombreuses conversations et
tout aussi multiples d&eacute;bats qu'avait entam&eacute;s, ou dans
lesquels &eacute;tait intervenu, Bill Readings. Cette
&ldquo;collectivit&eacute;&rdquo; de textes se veut donc, avant tout, une
c&eacute;l&eacute;bration non seulement de notre amiti&eacute; ou de
notre respect pour Bill, mais surtout de la mani&egrave;re
qu'il avait de concevoir le travail de la pens&eacute;e&nbsp;:
comme un travail &agrave; &eacute;laborer en 
<pages>/pp.&nbsp;5-6/</pages>

communaut&eacute;. Sauf que cette communaut&eacute; ne doit
pas pr&eacute;tendre &agrave; l'harmonie consensuelle.  Il doit
s'agir d'une communaut&eacute; du <emph type="2">dissensus</emph> &mdash; dans l'esprit
de Jean-Fran&ccedil;ois Lyotard &mdash; dans laquelle, au nom de
la justice, on ne saurait tenter de r&eacute;duire les
diff&eacute;rends. Dans un tr&egrave;s beau passage de <emph type="2">The
University in Ruins</emph>, Bill d&eacute;finit d'ailleurs plus
pr&eacute;cis&eacute;ment le sens qu'il voulait accorder &agrave;
celle-ci&nbsp;:</p>

<bq><p>Such a community, the community of dissensus that
presupposes nothing in common, would not be
dedicated either to the project of a full understanding
(autonomy) or to a communicational consensus as to
the nature of its unity. Rather, it would seek to
make its heteronomy, its differences, more complex.
To put this another way, such a community would
have to be understood on the model of dependency
rather than emancipation. We are, bluntly speaking,
addicted to others, and no amount of twelve-stepping
will allow us to overcome that dependency, to make it
the object of a fully autonomous subjective
consciousness. The social bond is thus a name for
the incalculable attention that the heteronomous
instance of the Other (the fact of others) demands.
There is no freeing ourselves from the sense of the
social bond, precisely because we do not come to
the end of it; we can never totally know, finally and
exhaustively judge, the others to which we are bound.
Hence we cannot emancipate ourselves from our
dependency on others.<noteref rid="note5">5</noteref>
<note id="note5"><no>5</no><p> Bill Readings, The University in Ruins, Harvard University Press, 1996.</p></note>

&nbsp;</p></bq>

<p>Ainsi, c'est dans cet esprit de d&eacute;pendance
non-consensuelle aux autres que nous voulons
pr&eacute;senter ce num&eacute;ro sp&eacute;cial de la revue <emph type="2">Surfaces</emph>. Il
faut cependant admettre qu'&agrave; l'origine de ce projet, et
pour &eacute;viter surtout la collection d'essais &agrave; la
mani&egrave;re du <emph type="2">Festschrift</emph> &mdash; qui risque toujours de
prendre la forme d'un hommage fig&eacute; et &eacute;clectique
des survivants au ma&icirc;tre ou &agrave; l'ami disparu &mdash;,
Terry Cochran et moi-m&ecirc;me avions choisi de proposer
un th&egrave;me relativement pr&eacute;cis. Nous voulions faire de
cette entreprise de publication non pas un
rassemblement cacophonique de 
<pages>/pp.&nbsp;6-7/</pages>
 monologues,
mais un lieu de conversation anim&eacute;e comme les
aimait Bill. Le sujet ainsi que le titre que nous avions
choisis &mdash; <emph type="3">Les &eacute;conomies discursives du savoir, dans le
sillage de l'oeuvre de Bill Readings</emph> &mdash; se voulaient
suffisamment vagues pour permettre divers types
d'interventions tout en &eacute;vitant autant que possible le
m&eacute;li-m&eacute;lo habituel des recueils de textes &ldquo;en
hommage &agrave;&rdquo;.</p>

<p>Il en a r&eacute;sult&eacute; non pas un discours homog&egrave;ne sur le
th&egrave;me que nous avions propos&eacute;, mais un groupe
relativement h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne d'interventions qui font
r&eacute;f&eacute;rence selon diff&eacute;rentes modalit&eacute;s tant au sujet
propos&eacute; qu'&agrave; divers aspects de l'oeuvre, de la
pens&eacute;e voire m&ecirc;me de la vie de Bill Readings. Le
caract&egrave;re fort h&eacute;t&eacute;ronome de cette pens&eacute;e et son
refus des consensus faciles auraient d&ucirc; nous rendre
plus prudents dans nos espoirs d'harmonie &eacute;ditoriale.
Bill aura refus&eacute; de nous laisser r&eacute;duire son h&eacute;ritage
intellectuel &agrave; un consensus illusoire, et nous aura
ramen&eacute; &mdash; un peu malgr&eacute; nous &mdash; &agrave; la r&eacute;alit&eacute;
vivifiante, mais parfois d&eacute;rangeante, de la
&ldquo;communaut&eacute; du dissensus&rdquo;.</p>

<p>Ceci dit, nous avons tout de m&ecirc;me r&eacute;sist&eacute; quelque
peu aux forces centrifuges. &Agrave; d&eacute;faut d'harmonie ou
de consensus r&eacute;els, nous avons tent&eacute; &mdash; en &eacute;diteurs
consciencieux &mdash; d'accorder une certaine coh&eacute;rence &agrave;
l'ensemble. Voil&agrave; pourquoi nous avons choisi de
regrouper les dix-sept interventions ici r&eacute;unies autour
de quelques noyaux th&eacute;matiques repr&eacute;sentant
certaines des principales lignes de force de la pens&eacute;e
et du travail de Bill Readings.</p>

<p>Mais d'abord, &eacute;tant donn&eacute;e l'importance qu'ont eu la
pens&eacute;e et l'oeuvre de Jean-Fran&ccedil;ois Lyotard dans le
travail de Bill Readings,<noteref rid="note6">6</noteref>
<note id="note6"><no>6</no><p> Outre le d&eacute;j&agrave; cit&eacute; Introducing Lyotard publi&eacute; chez Routledge, Bill Readings a &eacute;dit&eacute; et traduit les &eacute;crits politiques de Lyotard (Political Writings, Bill Readings &eacute;d., trad. Bill Readings et Kevin Paul Geiman, University of Minnesota Press, 1993.). Les r&eacute;f&eacute;rences &agrave; la pens&eacute;e lyotardienne &eacute;maillent aussi une bonne partie de ses autres publications.</p></note>

 nous avons d&eacute;cid&eacute; de placer
en exergue le <a href="lyotard.sgml">texte in&eacute;dit</a> que celui-ci &mdash; malgr&eacute; sa
sant&eacute; d&eacute;faillante et son horaire extr&ecirc;mement charg&eacute;
l'ann&eacute;e derni&egrave;re &mdash; nous a 
<pages>/pp.&nbsp;7-8/</pages>
 diligemment fait
parvenir. Il s'agit du texte remani&eacute; d'une conf&eacute;rence
&mdash; donn&eacute;e &agrave; Tokyo il y a quelques ann&eacute;es &mdash; qui
concerne notamment le concept de postmodernit&eacute;
apr&egrave;s la <emph type="2">Condition postmoderne</emph>, et en rapport plus
particuli&egrave;rement avec l'histoire de la musique
occidentale. Bill, un m&eacute;lomane averti aux go&ucirc;ts
&eacute;clectiques, aurait s&ucirc;rement appr&eacute;ci&eacute; le fait que ce
num&eacute;ro sp&eacute;cial d&eacute;bute sur une note musicale.</p>

<p>Nous avons ensuite constitu&eacute; quatre noyaux
th&eacute;matiques qui regroupent des textes partageant des
pr&eacute;occupations relativement similaires. Ce genre de
d&eacute;coupage implique toujours une part d'arbitraire. Il
aurait fallu pour mieux t&eacute;moigner de
l'h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; tant interne qu'externe des articles
de ce num&eacute;ro &eacute;tablir une sorte de configuration
hypertextuelle et rhizomatique que nous avons
pr&eacute;f&eacute;r&eacute; laisser &agrave; d'autres, pour l'instant, au profit
d'une classification plus conventionnelle.</p>

<p>Le premier noyau th&eacute;matique &mdash; intitul&eacute; <emph type="1">L'universit&eacute;,
au-del&agrave; des ruines</emph> &mdash; regroupe cinq articles qui
abordent sous divers angles le statut pr&eacute;caire ainsi
que divers aspects probl&eacute;matiques de cette institution
qui a constitu&eacute;, comme on le sait, l'objet des
r&eacute;flexions ultimes de Bill Readings. Des r&eacute;flexions
que le destin &mdash; appuy&eacute; par le z&egrave;le &eacute;ditorial
courageux de Diane Elam &mdash; a eu la d&eacute;licatesse de
laisser s'incarner sous la forme posthume de <emph type="2">The
University in Ruins</emph>. On trouvera ici des essais, &eacute;crits
pour la plupart <emph type="2">avant</emph> la parution de <emph type="2">The University in
Ruins</emph>, mais qui abordent la question de l'universit&eacute; en
s'inspirant tout de m&ecirc;me fr&eacute;quemment des r&eacute;flexions
sur le sujet pr&eacute;alablement publi&eacute;es par Bill Readings.<noteref rid="note7">7</noteref>
<note id="note7"><no>7</no><p> "From Emancipation to Obligation: Sketch for a Heteronomous Politics of Education." (Education and the Postmodern Condition. Michael Peters &eacute;d., Auckland & New York:  Bergin and Garvey, 1994); "Be Excellent : Culture, the State, and the Posthistorical University." (Alphabet City 3, num&eacute;ro sp&eacute;cial sur "The States of Culture", 1993); "Identity Crisis:  The University and Culture." (ACCUTE Newsletter, 1993).</p></note>


D'abord J. Hillis Miller, dans <a href="miller_2.sgml"><emph type="2">Studying English Literature
in the Transnational University</emph></a>, s'interroge sur l'avenir
de la discipline des &eacute;tudes   litt&eacute;raires  &mdash;  et  plus
g&eacute;n&eacute;ralement,   des             
<pages>/pp.&nbsp;8-9/</pages>

<emph type="2">humanities</emph> &mdash; dans le contexte d&eacute;stabilisant de la
mondialisation, de la nature de plus en plus
&ldquo;corporative&rdquo; des universit&eacute;s ainsi que du
d&eacute;veloppement des nouvelles technologies de
l'information et de la communication. Dans <a href="melville.sgml"><emph type="2">Memoir: In
Celebration of Academic and Athletic Excellence</emph></a>, Steve
Melville adopte une approche plus autobiographique
(et &ldquo;sportive&rdquo;!) pour r&eacute;fl&eacute;chir &mdash; &agrave; partir de
l'exemple de l'universit&eacute; de Syracuse o&ugrave; il a
enseign&eacute; avec Bill Readings &mdash; sur divers enjeux
politiques et &eacute;thiques qui se font jour dans une
communaut&eacute; acad&eacute;mique. Jean-Ernest Joos, dans
<a href="joos.sgml"><emph type="2">Politiques de l'autorit&eacute;. Le pouvoir de celui qui &ldquo;n'est
rien&rdquo;</emph></a>, part d'un point de vue plus philosophique pour
remettre en cause la figure moderne &mdash; &ldquo;invisible&rdquo; et
soi-disant &ldquo;neutre&rdquo; &mdash; de la transmission de l'autorit&eacute;
acad&eacute;mique afin de proposer un type de configuration
habit&eacute; par la mat&eacute;rialit&eacute; et la &ldquo;corporalit&eacute;&rdquo; de
l'enseignant (en prenant exemple notamment sur les
programmmes d'&eacute;tudes &ldquo;sp&eacute;cifiques&rdquo;&nbsp;: &eacute;tudes
gaies, f&eacute;ministes, afro-am&eacute;ricaines, etc.). Dans
<a href="barck.sgml"><emph type="2">Transforming Differences into "Normality" &mdash; German
Unification and the Crisis of the Humanities</emph></a>, Karlheinz
Barck nous fait traverser l'Atlantique pour d&eacute;crire les
probl&egrave;mes survenus lors de la r&eacute;unification du
syst&egrave;me universitaire allemand qui a men&eacute; &agrave; une
&ldquo;normalisation&rdquo; et une &ldquo;d&eacute;politisation&rdquo; des sciences
humaines inspir&eacute;es, pour le meilleur mais aussi pour le
pire, par le mod&egrave;le occidental. Enfin, dans <a href="allen.sgml"><emph type="2">The
Predicament of Culture at Room Temperature</emph></a>, Jennifer
Allen s'attaque aux enjeux et aux transformations
actuels de la disciplinarit&eacute; par le biais d'une
r&eacute;flexion sur le cas probl&eacute;matique des <emph type="2">Cultural
Studies</emph>.</p>

<p>Le second noyau th&eacute;matique &mdash; intitul&eacute; <emph type="1">Politiques,
&eacute;thiques, &eacute;pist&eacute;miques</emph> &mdash; regroupe quatre textes fort
diff&eacute;rents, mais qui s'adressent tous &agrave; diverses
pr&eacute;occupations centrales de la pens&eacute;e politique et
&eacute;thique de Bill Readings. S'y croisent notamment les
notions d'&eacute;v&eacute;nement, d'&ldquo;impertinence&rdquo; politique, de
vitesse, de temporalit&eacute;, etc. En premier lieu, dans
<a href="villeneuve.sgml"><emph type="2">Sifflements dans l'obscurit&eacute;. L'&eacute;v&eacute;nementialit&eacute; 
de Bill Readings</emph></a>, Johanne Villeneuve entame un
dialogue critique serr&eacute; avec la pens&eacute;e de Bill
Readings, en ce qui concerne surtout la notion
d'&eacute;v&eacute;nementialit&eacute; ainsi que ses enjeux &eacute;thiques et
&eacute;pist&eacute;miques. Dans <a href="wagner.sgml"><emph type="2">Just Politics: Bill Readings'
Impertinent Call</emph></a>, Valeria Wagner &mdash; &agrave; partir de
r&eacute;flexions 
<pages>/pp.&nbsp;9-10/</pages>
 de Bill Readings sur le politique
et d'exemples concrets &mdash; aborde de front les difficiles
questions d'une &ldquo;politique juste&rdquo; ("just politics") et du
degr&eacute; d'&ldquo;impertinence&rdquo; n&eacute;cessaire pour r&eacute;sister &agrave;
la tentation universaliste du discours moderne sans
paralyser pour autant l'efficience de l'action politique.
Dans <a href="redfield.sgml"><emph type="2">In Memoriam, Fast Forward</emph></a>, Marc Redfield
s'attarde sur la question de la temporalit&eacute;
postmoderne d&eacute;crite par Bill Readings, et plus
particuli&egrave;rement sur la notion de <emph type="2">vitesse</emph> qui pr&eacute;c&egrave;de
toute repr&eacute;sentation et conceptualisation. Dans
<a href="hall.sgml"><emph type="2">Answering the Question: What is an Intellectual?</emph></a>, Gary
Hall pose plus g&eacute;n&eacute;ralement la question toujours
actuelle du statut de l'intellectuel d'hier &agrave; aujourd'hui.
Enfin, Germain Lacasse, dans <a href="lacasse.sgml"><emph type="2">L'aura du futur ant&eacute;rieur.
La postmodernit&eacute; et la fin de l'histoire</emph></a>, trace &mdash; au
futur ant&eacute;rieur &mdash; un portrait de la notion de
postmodernit&eacute; avanc&eacute;e par Bill Readings, et ce plus
particuli&egrave;rement &agrave; travers les notions de temps
filmique et cin&eacute;matographique.</p>

<p>Le troisi&egrave;me noyau th&eacute;matique &mdash; <emph type="1">&Eacute;thiques de la
lecture</emph> &mdash; nous ram&egrave;ne &agrave; un autre th&egrave;me
fondamental de l'oeuvre et de la pens&eacute;e de Bill
Readings&nbsp;: la lecture. Cette question paraissait
incontournable m&ecirc;me si l'on voulait &eacute;viter la
tentation des mauvais jeux de mots sur le patronyme
de Bill. Dans <a href="mechoulan.sgml"><emph type="2">Dette, institution et histoire</emph></a>, &Eacute;ric
M&eacute;choulan tente de &ldquo;r&eacute;gler des comptes&rdquo; avec la
question de la dette &agrave; travers des r&eacute;flexions
interreli&eacute;es sur l'institution, le discours
historiographique, l'alt&eacute;rit&eacute; et les morts. En exergue
se trouve d'ailleurs une citation de Bill Readings qui
parle d'elle-m&ecirc;me&nbsp;: "<emph type="2">Reading is not a matter of
mimetic representation or conceptual critique: it is an
ethical practice</emph>."<noteref rid="note8">8</noteref>
<note id="note8"><no>8</no><p> Bill Readings, Introducing Lyotard. Art and Politics, Routledge, 1991.</p></note>

 Comme pour d&eacute;montrer la pertinence
de cette d&eacute;finition, Marie Lessard, dans <a href="lessard.sgml"><emph type="2">Squattage et
terrains vagues</emph></a>, tente de repenser les pratiques
d'&eacute;criture de l'autobiographie f&eacute;minine contemporaine 
(notamment chez Marguerite Duras et Kathy Acker) &agrave;
partir de la notion f&eacute;conde du &ldquo;squattage&rdquo;. Enfin,
dans <a href="moyes.sgml"><emph type="2">Rhapsodic Readings</emph></a>, &agrave; travers une lecture
serr&eacute;e de l'<emph type="2">Ion</emph> de Platon suivie d'un bond historique
du c&ocirc;t&eacute; de Sainte-Beuve et de T. S. Eliot, Craig
Moyes pose la question du statut probl&eacute;matique de la
&ldquo;connaissance litt&eacute;raire&rdquo; que 
<pages>/pp.&nbsp;10-11/</pages>
 proposent
notamment professeurs et th&eacute;oriciens de la litt&eacute;rature
aujourd'hui.</p>

<p>Le quatri&egrave;me, et dernier, noyau th&eacute;matique &mdash;
<emph type="1">Re-lectures de la Renaissance</emph> &mdash; nous ram&egrave;ne aux
sources du travail de Bill Readings qui avait, comme
on le sait, r&eacute;dig&eacute; sa th&egrave;se sur Milton et Marvell.<noteref rid="note9">9</noteref>
<note id="note9"><no>9</no><p> Bill Readings, The Restoration and the Fall of Language: The Search for Meaning in the Poetry of Marvell and Milton, D. Phil. thesis.  University of Oxford, 1985.</p></note>


Dans <a href="wasvo.sgml"><emph type="2">Shakespeare and the Formation of the Modern
Economy</emph></a>, Richard Waswo montre les rapports &eacute;troits
qui se tissent entre argent et langage alors que
Shakespeare &ldquo;met en sc&egrave;ne&rdquo; les principes de
l'&eacute;conomie moderne. Puis, Marshall Grossman, dans
<a href="grossman.sgml"><emph type="2">Subsequent Precedence. Milton's Materialistic Reading
of Ficino and Tasso</emph></a>, part d'une remarque
&ldquo;pr&eacute;monitoire&rdquo; de Bill Readings afin d'entreprendre
une lecture sophistiqu&eacute;e de Milton qui met en
lumi&egrave;re les complexit&eacute;s de la temporalit&eacute;
&ldquo;m&eacute;taleptique&rdquo; des discours de la rh&eacute;torique
proph&eacute;tique et du po&eacute;tique. Enfin, Beatrice Skordili,
dans <a href="skordili.sgml"><emph type="2">Bill Readings and the Supplement</emph></a>, s'essaie au
genre de la &ldquo;grapho-biographie&rdquo; en tirant du travail
de Bill Readings sur Milton des r&eacute;flexions sur son
&eacute;thique de la lecture, de l'&eacute;criture et de la
p&eacute;dagogie.</p>

<p>Tous les articles pr&eacute;c&eacute;dents tracent un parcours
intellectuel fort impressionant inspir&eacute; en grande partie
par la pens&eacute;e, l'oeuvre voire m&ecirc;me la vie de notre
ami et coll&egrave;gue. Il va de soi cependant qu'&agrave; travers
cette division quadripartite des articles de ce num&eacute;ro,
et malgr&eacute; la richesse et la diversit&eacute; des textes en
pr&eacute;sence, nous ne pr&eacute;tendons pas repr&eacute;senter toutes
les facettes du travail de Bill Readings. D'autant plus
que certaines questions, pourtant tr&egrave;s pr&eacute;sentes dans
son oeuvre, ne trouvent pas d'&eacute;cho significatif dans
ce volume. &Agrave; ce titre, on pourrait citer, pour ne
donner qu'un exemple, les questions qui concernent
l'histoire de l'art et le concept de la vision. On peut
&eacute;videmment consid&eacute;rer de telles lacunes comme
in&eacute;vitables dans le contexte d'un simple num&eacute;ro de
revue savante. Mais on pourrait aussi tenter d'y
r&eacute;m&eacute;dier...   </p>

<p content="pages">
<pages>/pp.&nbsp;11-12/</pages>
</p>

<p>En effet, cette revue savante s'adonne &mdash; manifestement
&mdash; &agrave; &ecirc;tre diffus&eacute;e sous forme &eacute;lectronique. Il nous
para&icirc;trait donc particuli&egrave;rement appropri&eacute; de profiter
ici des potentialit&eacute;s et de la plasticit&eacute; de cette
nouvelle technologie de publication non seulement
pour combler les quelques lacunes th&eacute;matiques de ce
num&eacute;ro d&eacute;j&agrave; fort riche, mais aussi parce que nous
nous sommes rendus compte que beaucoup d'amis et
de coll&egrave;gues de Bill, au moment de notre premier
appel d'articles, se trouvaient dans l'impossibilit&eacute;
d'&eacute;crire quoi que ce soit. De plus, au-del&agrave; de ces
pr&eacute;occupations d'&eacute;diteurs g&eacute;n&eacute;reux, il nous
appara&icirc;trait comme particuli&egrave;rement appropri&eacute; de
mettre &agrave; profit les possibilit&eacute;s de l'&eacute;dition
&eacute;lectronique pour cr&eacute;er ici une entit&eacute; organique et
en croissance perp&eacute;tuelle dans le contexte d'une
publication justement d&eacute;di&eacute;e &agrave; quelqu'un d'aussi peu
"statique" que Bill Readings.</p>

<p>&Agrave; notre d&eacute;j&agrave; impressionnant groupe de dix-sept
auteurs, nous souhaiterions donc en ajouter d'autres
qui leur r&eacute;pondraient, qui s'adresseraient &agrave; nouveau
au travail de Bill Readings ou encore qui ajouteraient
leur propre contribution au processus d'anamn&egrave;se, &agrave;
cette conversation qui refuserait ainsi la cl&ocirc;ture, et,
plus encore, la forclusion. Ainsi, notre communaut&eacute;
d'auteurs, et de lecteurs, &mdash; f&ucirc;t-elle &ldquo;virtuelle&rdquo; &mdash;
tendra asymptotiquement vers cette fameuse
communaut&eacute; du dissensus qui accepte d'entrer dans
le processus inachevable de la d&eacute;pendance envers
l'Autre, les autres...</p>

<p>De nouveaux textes, des t&eacute;moignages, des compte
rendus, des d&eacute;bats pourront dor&eacute;navant se greffer &agrave;
ce volume dans les mois, voire les ann&eacute;es qui
viennent. Ces nouvelles interventions pourront se
joindre, par la magie des liens hypertextuels, &agrave; l'un
ou l'autre des noyaux th&eacute;matiques d&eacute;j&agrave; cr&eacute;&eacute;s dans
ce num&eacute;ro ou bien ils pourront &ecirc;tre &agrave; la source de
nouveaux noyaux. On peut m&ecirc;me imaginer, &agrave; plus
long terme, la cr&eacute;ation de liens hypertextuels &agrave;
l'int&eacute;rieur des textes pour relier, tr&egrave;s concr&egrave;tement,
les articles qui se feront &eacute;cho. Mais les modalit&eacute;s de
croissance de ce volume &ldquo;rhizomatique&rdquo; de <emph type="2">Surfaces</emph>
restent encore &mdash; en partie du moins &mdash; &agrave;
d&eacute;terminer. En fait, la forme que prendra la suite de
ce volume d&eacute;pend autant de vous que de nous.</p>

<p content="pages">
<pages>/pp.&nbsp;12-13/</pages>
</p>

<p>Nous &mdash; et vous &mdash; voil&agrave; donc revenus aux points de
suspension de l'<emph type="2">incipit</emph> typiquement &ldquo;readingsien&rdquo; de
cette pr&eacute;face&nbsp;: "This is what you need to do..."</p>

<p content="pages">
<pages>/p.&nbsp;13/</pages>
</p>

</section>

</body>


</article>

<!--

-----BEGIN PGP SIGNATURE-----
Version: 2.6.2

iQEVAwUBNPRKcvL/N66hMljlAQHiyQf/USRL7fGkTtlTFBIlinyyKa6AZAWxFMrK
FNbL7qtviV/L34FmZ4mb3IBkZHjtG1NqHN4j23PRv4DiQBoRjeJGQj+sfrRBokNq
3HOysUauv4yX3LaYImcHgK9qne5Zk6qD8xy9b6CRjo4ZnhmEfipYAjJhG9E6lCz6
lyUKXZjytgifduIstiM+YBTrQl3bBPkK5pvYIW5pc+HbqeNLXHHR/8i8nr+dwz/Q
2PVfsJhG6izyjEfUidrkRKxzRNN4FLTyT8jwxS5MT+y2gEhwyWcWdYzoBdJ5DD/v
Ty9M8t++Qq6mIVcG4wPC0mGPglGb94XePOX+NFgiyuUKMmGq3pH71A==
=b+zR
-----END PGP SIGNATURE-----

-->
